Consommation de sucre par pays : qui en consomme le plus, et comment le sait-on

Demandez quel pays consomme le plus de sucre et vous trouverez des palmarès sûrs d’eux qui s’accordent rarement. Ce désaccord n’a rien de mystérieux. Chaque liste compte une chose un peu différente : certaines additionnent tout le sucre utilisé par un pays, d’autres le divisent par la population, d’autres encore y ajoutent les sirops de maïs et le miel, et presque aucune ne mesure ce que les gens avalent réellement. Cette page présente les chiffres de trois sources internationales, explique ce que chacune mesure et situe le Canada dans ce portrait à l’aide de ses propres données nationales.

Information éducative, pas un avis médical personnel.

La réponse courte dépend de la question

En tonnes, c’est l’Inde qui consomme le plus de sucre. Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) estime la consommation intérieure humaine de sucre centrifugé de l’Inde à 30,1 millions de tonnes (valeur brute) pour la campagne 2025-2026, devant la Chine (16,75 millions) et l’Union européenne prise comme un bloc (15,9 millions). Ce classement reflète surtout la taille de la population.

Par habitant, le premier rang change selon la source. Dans les données des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, qui couvrent 35 pays ainsi que des regroupements régionaux, c’est Israël qui affiche la consommation de sucre par habitant la plus élevée pour 2024, soit 45,3 kg par personne, devant la Malaisie (42,2 kg). Dans les bilans alimentaires de FAOSTAT, qui couvrent beaucoup plus de pays, la disponibilité de sucre la plus élevée en 2023, parmi les pays d’au moins un million d’habitants, se trouve en Belgique (53,3 kg en équivalent sucre brut), en Pologne (51,9 kg) et au Guatemala (51,4 kg). Quand FAOSTAT ajoute les sirops de maïs, les autres édulcorants caloriques et le miel, et exprime le tout en calories, le Guatemala (594 kcal par personne par jour) et les États-Unis (569 kcal) arrivent en tête.

Aucun de ces résultats n’est faux. Ils répondent à des questions différentes, et la réponse honnête à « quel pays consomme le plus de sucre » commence par préciser laquelle on pose.

Consommation de sucre par habitant : l’OCDE-FAO

Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO sont les projections de marché à moyen terme publiées chaque année par l’OCDE et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Leur série sur le sucre compte le sucre destiné à la consommation humaine dans chaque marché, puis le divise par la population. Le sirop de maïs à haute teneur en fructose, souvent appelé glucose-fructose sur les étiquettes canadiennes, y est présenté à part, ce qui compte beaucoup pour l’Amérique du Nord.

Rang (sur 35) Pays Sucre, kg par personne (2024) Glucose-fructose, kg par personne (2024)
1 Israël 45,3 0,0
2 Malaisie 42,2 1,5
3 Suisse 33,5 non déclaré
4 Nouvelle-Zélande 33,1 non déclaré
5 Brésil 31,3 non déclaré
6 Russie 30,7 0,6
7 Pérou 30,5 0,0
8 Chili 29,2 0,5
9 Ukraine 27,7 0,0
10 Arabie saoudite 26,9 0,0
11 Türkiye 26,1 1,3
12 Colombie 25,6 0,0
13 Mexique 25,3 11,0
14 États-Unis 24,8 14,0
15 Thaïlande 23,7 0,7
16 Corée du Sud 23,2 5,3
17 Argentine 23,0 8,5
18 Iran 22,3 0,0
19 Indonésie 22,2 0,7
20 Égypte 22,0 0,7
21 Canada 21,4 2,3
— Union européenne (agrégat) 33,0 0,9
— Monde 16,5 1,5

Source : Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2026-2035, kg par personne, année de données 2024. « Non déclaré » signifie que la base ne contient pas de série de glucose-fructose pour ce pays.

Deux constats ressortent. D’abord, le haut de la liste n’est pas celui que l’on devinerait : aucun pays d’Amérique du Nord ne figure parmi les huit premiers. Ensuite, la colonne du glucose-fructose change le portrait nord-américain. Le sucre seul place les États-Unis légèrement sous le Mexique et au-dessus du Canada, mais les États-Unis et le Mexique utilisent aussi un volume important d’édulcorants tirés du maïs, qu’un classement limité au sucre laisse de côté. Les Perspectives notent d’ailleurs qu’aux États-Unis, la baisse de la consommation de sucre sera moins visible parce que les fabricants continuent d’utiliser le glucose-fructose dans les confiseries et les aliments transformés.

La France n’apparaît pas seule dans cette base : elle est comptée dans l’agrégat de l’Union européenne.

Sucre et édulcorants par habitant : les bilans alimentaires de FAOSTAT

FAOSTAT, la base statistique de la FAO, établit un bilan alimentaire pour chaque pays : la production, plus les importations, moins les exportations et les usages non alimentaires, donne la quantité disponible pour l’alimentation humaine. Cette disponibilité est ensuite divisée par la population et convertie en calories. C’est la couverture par pays la plus large qui existe, et c’est souvent la source derrière les cartes « sucre par pays ».

Pays Sucre et édulcorants, kcal par personne par jour (2023) Sucre (équivalent brut), kg par personne par an (2023)
Guatemala 594 51,4
États-Unis 569 33,3
Belgique 564 53,3
Pologne 555 51,9
Colombie 520 29,6
Canada 443 37,1
Mexique 406 35,4
France 341 33,0
Royaume-Uni 327 29,5
Monde 233 19,5

Source : FAOSTAT, Bilans alimentaires (2010-), produits « Sugar & Sweeteners » et « Sugar (Raw Equivalent) », éléments « Food supply (kcal/capita/day) » et « Food supply quantity (kg/capita/yr) », année 2023 (valeurs signalées comme estimations par la FAO). Les cinq premières lignes sont les valeurs caloriques les plus élevées parmi les pays d’au moins un million d’habitants. Ce seuil est un choix éditorial qui écarte du haut de la liste de très petits États, où les flux commerciaux peuvent faire varier fortement les chiffres par habitant.

La colonne des calories est celle à lire quand la question porte sur l’ensemble des édulcorants. Elle explique pourquoi les États-Unis arrivent au deuxième rang alors que leur chiffre en sucre brut (33,3 kg) n’a rien d’exceptionnel : une bonne part de leurs édulcorants caloriques provient des sirops de maïs, que FAOSTAT range sous « autres édulcorants ».

Consommation totale : l’USDA

Quand la question porte sur le volume plutôt que sur les personnes, le Foreign Agricultural Service de l’USDA est la référence courante. Sa base Production, Supply and Distribution déclare la consommation intérieure humaine de sucre centrifugé (canne et betterave) en milliers de tonnes, valeur brute. Le sucre raffiné y est converti en valeur brute (la table de conversion de l’USDA applique 1,07 au sucre de canne raffiné), de sorte que ces chiffres sont un peu plus élevés que le poids du sucre blanc vendu en magasin.

Pays ou bloc 2024-2025 (milliers de t, valeur brute) 2025-2026, estimation (milliers de t, valeur brute)
Inde 29 122 30 100
Chine 15 390 16 750
Union européenne 15 800 15 900
États-Unis 11 158 11 121
Brésil 9 000 9 948
Indonésie 7 160 7 300
Pakistan 6 600 6 600
Russie 6 252 6 500
Mexique 4 121 4 241
Égypte 3 738 3 850
Canada 1 685 1 706
Total mondial 175 399 179 925

Source : USDA FAS, base PSD Online, sucre (publication de mai 2026) et rapport « Sugar: World Markets and Trade », mai 2026. Les campagnes commerciales varient selon les pays.

Le Canada en contexte

Le Canada illustre bien à quel point la mesure compte, puisqu’il figure dans chaque source et dans ses propres statistiques nationales.

Le même pays, d’une année à l’autre, se situe donc entre environ 16 et 37 kg selon qu’on parle de sucre brut ou raffiné, de sucre seul ou de tous les édulcorants, et de quantités avant ou après le gaspillage. Cet écart est la leçon la plus importante à tirer de tout classement national.

Et la ligne directrice de l’OMS?

La ligne directrice de 2015 de l’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes et aux enfants de réduire leur apport en sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique total (recommandation forte), et présente une réduction supplémentaire sous 5 %, soit environ 25 grammes par jour, comme une recommandation conditionnelle. Les sucres libres comprennent les sucres ajoutés par les fabricants, les cuisiniers ou les consommateurs, ainsi que ceux naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits.

Il est tentant de comparer la disponibilité d’un pays à ce seuil, mais la comparaison n’est pas équivalente. La ligne directrice de l’OMS porte sur ce que mangent les personnes; les chiffres ci-dessus décrivent ce qu’un marché national met à disposition, avant le gaspillage et en moyenne pour toute la population, des nourrissons aux adultes.

Méthodologie et limites

Questions fréquentes

Quel pays consomme le plus de sucre par habitant?

Ça dépend de la source. Dans les bilans alimentaires 2023 de FAOSTAT, parmi les pays d’au moins un million d’habitants, c’est la Belgique qui affiche la plus grande disponibilité de sucre par personne, avec 53,3 kg par année (équivalent sucre brut), suivie de la Pologne (51,9 kg) et du Guatemala (51,4 kg). Dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, qui couvrent 35 pays, Israël arrive en tête pour 2024 avec 45,3 kg par personne, devant la Malaisie (42,2 kg). Quand on ajoute les sirops de maïs et les autres édulcorants caloriques, le Guatemala (594 kcal par personne par jour) et les États-Unis (569 kcal) passent au premier rang.

Que mesure vraiment la consommation de sucre par habitant?

Les chiffres par habitant prennent le sucre qu’un marché national met à la disposition de l’alimentation et le divisent par l’ensemble de la population, des nourrissons aux adultes. Ils décrivent une disponibilité, et non ce que chaque personne mange, puisque le gaspillage à la maison, les pertes à la cuisson et les restes dans l’assiette n’y sont pas soustraits. Le Canada illustre bien l’écart : Statistique Canada chiffre le sucre raffiné disponible à 27,13 kg par personne en 2025, alors que sa série expérimentale ajustée pour les pertes donne 15,93 kg pour la même année.

Existe-t-il des données de consommation de sucre par pays pour 2026?

Pas encore sous forme de données mesurées. Les chiffres par pays les plus récents de cette page sont ceux de FAOSTAT pour 2023, de l’OCDE-FAO pour 2024 (Perspectives 2026-2035, publiées en juin 2026) et les estimations de l’USDA pour la campagne 2025-2026 (publication de mai 2026). Il faut aux organismes statistiques un an ou plus pour compiler la production et le commerce : un tableau « 2026 » publié aujourd’hui serait donc une projection, pas une mesure.

Où télécharger les données de FAOSTAT sur le sucre utilisées ici?

FAOSTAT diffuse gratuitement ses bilans alimentaires dans un fichier groupé, FoodBalanceSheets_E_All_Data_(Normalized).zip, sur bulks-faostat.fao.org. Pour refaire le tableau de cette page, filtrez le produit 2542 « Sugar (Raw Equivalent) » avec l’élément 645 pour les kilogrammes par personne par année, le produit 2909 « Sugar & Sweeteners » avec l’élément 664 pour les kilocalories par personne par jour, et l’élément 511 pour la population. Les valeurs marquées E sont des estimations de la FAO.

Pour aller plus loin

Pour le portrait historique et régional de la diffusion du sucre raffiné, voyez sucre, modernisation et maladies chroniques, région par région. Pour lire la ligne des sucres sur une étiquette canadienne, commencez par le dictionnaire des allégations sur le sucre. Nos guides par type d’aliment montrent où le sucre ajouté s’invite dans le quotidien, des céréales du matin et yogourts sucrés aux sauces et condiments, en passant par les desserts et pâtisseries et les boissons gazeuses et énergisantes.

Sources